L’actualité judiciaire autour de Tariq Ramadan connaît un nouveau tournant. L’annonce de son hospitalisation en psychiatrie à Genève suscite déjà de vives réactions, notamment dans le milieu médical.
Une réaction critique face à la situation
La psychologue et docteure en psychopathologie Fanny Bauer-Motti a exprimé son inquiétude ce mardi. Sur le réseau social X, elle a remis en question l’expertise médicale ordonnée par la justice française.
Selon elle, cette hospitalisation vient clairement contredire les conclusions des médecins qui avaient estimé Tariq Ramadan capable de comparaître devant la justice, malgré sa maladie.
Elle s’interroge ainsi sur la fiabilité de cette évaluation, estimant qu’une telle décision soulève une question sérieuse sur la prise en compte réelle de l’état de santé de l’accusé.
Un débat sur les droits de la défense
Pour la spécialiste, l’enjeu dépasse largement le cas individuel. Elle insiste sur le fait qu’un État de droit doit garantir une défense équitable.
Elle souligne notamment qu’une expertise jugée discutable ne peut pas primer sur une réalité clinique incompatible avec une défense digne. À ses yeux, il s’agit avant tout d’une question de respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine.
Une hospitalisation annoncée en pleine audience
D’après les informations disponibles, les nouveaux avocats de Tariq Ramadan devaient informer ce mardi la cour criminelle de Paris de son hospitalisation imminente en service psychiatrique aux Hôpitaux universitaires de Genève.
La défense prévoit de demander à la justice de tirer toutes les conséquences de cette situation, notamment en sollicitant un report du procès.
Un procès qui se poursuit malgré l’absence de l’accusé
Malgré cette évolution, l’audience s’est poursuivie ce mardi sans la présence de l’accusé, comme lors des précédentes journées.
Le verdict est attendu ce mercredi 25 mars. Âgé de 63 ans, Tariq Ramadan est jugé pour des accusations de viols sur trois femmes, faits qui se seraient déroulés entre 2009 et 2016.
Une procédure déjà marquée par des tensions
Au début du procès, l’islamologue était déjà hospitalisé à Genève. Ses avocats évoquaient alors une aggravation de sa sclérose en plaques, ainsi que sa présence auprès de sa mère âgée.
Une expertise neurologique, réalisée à la demande de la justice par deux médecins indépendants, avait pourtant conclu qu’il était en mesure de comparaître.
Suite à cela, un mandat d’arrêt avait été délivré, et la décision de le juger en son absence avait été prise. En signe de protestation, ses avocats avaient quitté la salle d’audience.
Cette affaire continue donc de susciter de nombreuses interrogations, à la fois sur le plan judiciaire et médical, à la veille d’un verdict très attendu.