Depuis quelques jours, les interrogations se multiplient au Sénégal autour de l’Hantavirus. Cette inquiétude fait suite à une alerte émise par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant un foyer de contamination détecté en mer. Faut-il craindre l’arrivée de ce virus sur le territoire national ? Lepoint.sn fait le tri entre les faits et les rumeurs.
La psychose est née d’une proximité géographique. Début mai 2026, un navire de croisière, le M/V Hondius, a été le théâtre d’un cluster suspect de détresse respiratoire aiguë alors qu’il se trouvait au large du Cap-Vert, à moins de 600 kilomètres des côtes sénégalaises. Les analyses ont rapidement confirmé qu’il s’agissait de l’Hantavirus, plus précisément de la souche appelée Virus des Andes.
Alors, le Sénégal est-il menacé ? On vous explique pourquoi la situation est sous contrôle.
1. Qu’est-ce que l’Hantavirus (Virus des Andes) ?
Les hantavirus sont des virus dits « zoonotiques », c’est-à-dire qu’ils se transmettent normalement des animaux à l’homme. Dans la nature, ce sont les rongeurs sauvages (rats, souris) qui en sont les porteurs sains. Ils éliminent le virus par leur salive, leur urine ou leurs excréments.
Chez l’être humain, l’infection par la souche des Andes peut provoquer le Syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (SCPH), une maladie respiratoire grave qui se manifeste d’abord par de la fièvre et des maux de tête, avant d’évoluer rapidement vers une pneumonie.
La particularité du Virus des Andes : Contrairement aux autres hantavirus qui ne se transmettent que de l’animal à l’homme, le virus des Andes est la seule souche connue capable de se transmettre d’humain à humain. Toutefois, l’OMS rappelle que cette transmission est extrêmement rare et nécessite un contact physique étroit et prolongé (comme au sein d’un même foyer ou dans l’espace clos d’un navire).
2. Le point sur la situation : Aucun cas au Sénégal
Il est important de rassurer la population : aucun cas d’Hantavirus n’a été recensé au Sénégal.
Le navire de croisière M/V Hondius, qui comptait une dizaine de cas et trois décès tragiques à son bord, a fait l’objet d’un protocole d’isolement international strict. Les passagers ont été évacués et pris en charge dans leurs pays d’origine respectifs sous haute surveillance, et le navire a été immobilisé et désinfecté en Europe.
Le risque d’importation du virus sur le sol sénégalais est donc jugé extrêmement faible par les autorités sanitaires.
3. L’OMS écarte le risque d’une vaste épidémie

Dans une déclaration officielle rassurante, l’OMS a formellement écarté le risque de voir cette alerte se transformer en une vaste épidémie mondiale ou en une nouvelle pandémie. Le dispositif d’alerte précoce de l’Union européenne et des agences africaines de santé publique a permis de circonscrire le foyer immédiatement.
De son côté, l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) rappelle que la prévention de ce type de maladie repose avant tout sur des règles d’hygiène de base et sur la lutte contre la prolifération des rongeurs à proximité des habitations.
FAQ — Vos questions fréquentes sur l’Hantavirus
Comment s’attrape l’Hantavirus ? Dans 99 % des cas, on s’infecte en respirant des poussières contaminées par les sécrétions de rongeurs infectés (par exemple en nettoyant un local fermé, un grenier ou un entrepôt où vivent des souris sauvages).
Existe-t-il un vaccin ou un traitement ? Il n’existe pas encore de vaccin spécifique ni de traitement antiviral curatif contre l’Hantavirus. En revanche, une prise en charge médicale précoce en milieu hospitalier (assistance respiratoire et surveillance cardiaque) augmente considérablement les chances de guérison.
Y a-t-il un lien avec d’autres fièvres hémorragiques comme Ebola ? Non. Bien que les symptômes initiaux puissent se ressembler (fièvre, fatigue), l’Hantavirus appartient à une autre famille de virus et s’attaque principalement au système respiratoire, tandis qu’Ebola a un mode de transmission et d’évolution différent.