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Taux de croissance : ce que Bougane Gueye Dany refuse de comprendre

Par Sophie

Il faut parfois revenir aux choses simples pour démonter les grandes confusions. Prenons donc une salle de classe de cinq élèves.

  • Le premier passe de 02/20 à 08/20 : +6 points.
  • Le deuxième passe de 10/20 à 12/20 : +2 points.
  • Le troisième passe de 02/20 à 07/20 : +5 points.
  • Le quatrième passe de 05/20 à 09/20 : +4 points.
  • Le cinquième passe de 15/20 à 16/20 : +1 point.

La question est simple : qui est le meilleur élève ?

Ce n’est pas celui qui a la plus forte progression.
Ce n’est pas celui qui a gagné le plus de points.
C’est celui qui a la meilleure moyenne.

Autrement dit : le cinquième élève.

Voilà toute la nuance que certains feignent d’ignorer dans le débat public. Voilà ce qu’il faut expliquer, calmement mais fermement, à Bougane Gueye Dany.

Croissance n’est pas développement

Le taux de croissance est un indicateur économique. Oui.
Il mesure une progression sur une période donnée. Oui.

Mais il ne mesure pas le niveau réel de développement.

Un pays qui sort d’une situation difficile peut afficher un taux de croissance spectaculaire. Comme l’élève qui passe de 2 à 8. L’augmentation est forte. Mais la moyenne reste faible.

À l’inverse, un pays déjà solide peut enregistrer une croissance plus modérée, tout en conservant une avance structurelle importante. Comme l’élève qui passe de 15 à 16. L’évolution semble faible, mais le niveau reste élevé.

Tout est question de référence.

Le cas de l’Afrique de l’Ouest

Si l’on observe l’Afrique de l’Ouest, les comparaisons méritent d’être faites avec rigueur.

Oui, certains pays affichent des taux de croissance impressionnants sur une année donnée.
Mais combien peuvent réellement rivaliser avec le Sénégal en matière d’infrastructures, de stabilité institutionnelle ou de dynamique d’investissements ?

À part la Côte d’Ivoire, qui peut sérieusement prétendre jouer dans la même cour que le Sénégal ?

Le débat mérite mieux que des slogans.
Il mérite des chiffres complets, une lecture macroéconomique et une vision structurelle.

L’économie n’est pas une punchline

Transformer le taux de croissance en argument politique absolu est une simplification dangereuse.

Une économie, ce n’est pas un chiffre isolé.
C’est :

  • Le PIB par habitant
  • Le niveau d’endettement
  • La qualité des infrastructures
  • La transformation industrielle
  • La stabilité monétaire
  • L’attractivité pour les investisseurs

Prendre un indicateur et en faire une vérité totale relève plus de la rhétorique que de l’analyse.

Un débat à élever

Le Sénégal mérite un débat économique sérieux.
Pas des raccourcis.
Pas des comparaisons partielles.

Critiquer est légitime. Questionner est sain.
Mais manipuler les indicateurs ou ignorer leur contexte n’aide ni le pays ni les citoyens.

Le taux de croissance est un thermomètre.
Il n’est pas le diagnostic complet.

Et si l’on veut vraiment comparer, faisons-le avec méthode, avec honnêteté et avec hauteur.

Parce qu’en économie comme à l’école, ce n’est pas celui qui progresse le plus vite qui est forcément le meilleur — c’est celui qui est réellement au sommet.

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