Un professionnel du secteur bancaire m’a demandé pourquoi aucun projet public n’est encore lancé par le régime actuel.
Permettez-moi de partager avec vous, la modeste réponse que je lui ai apporée.
1) Pourquoi votre banque ne prête pas beaucoup d’argent à une entreprise qui ne tient pas une comptabilité régulière, qui ne dispose ni d’états financiers ni d’aucun projet fiable, qui ne signe pas des contrats réguliers et dont l’audit de la gestion a révélé de nombreux scandales, en plus d’une incapacité à réaliser la toute petite rentabilité à travers son exploitation trop défaillante ?
2) Pourquoi votre banque n’accorde pas un crédit immobilier à un client qui a des engagements en cours et dont le salaire domicilié ne pourrait même pas, après le prélèvement des annuités mensuelles, servir à prendre en charge ses besoins familiaux, au point d’être en permanence sous découvert ?
3) Pourquoi un footballeur qui a une double fracture ne joue pas à une finale même s’il est le meilleur joueur de la planète ?
4) Pourquoi un parent sérieux et responsable ne laisse pas son enfant qui est malade et hospitalisé, se rendre à l’école, sous prétexte qu’il doit étudier ?
5) Pourquoi vous ne pouvez pas célébrer un mariage avec une femme au moment où elle est dans le coma et présentant un état de santé qui inquiète le médecin ?
6) Pourquoi un chanteur qui a la grippe et la voix totalement cassée, ne peut pas monter sur scène pour animer un concert ?
7) Pourquoi un grand sportif qui est sous perfusion ne peut pas s’entraîner ?
Pourquoi quelqu’un qui a enregistré, dans une journée, plusieurs décès au sein de sa famille, ne peut pas aller se divertir à un concert de musique ?
9) Pourquoi un chauffeur lucide et jouissant de toutes ses facultés mentales ne peut pas rouler à une vitesse de 120km/h sur une route dégradée au moment où il pleut fortement ?
10) Pourquoi vous ne pouvez pas acheter une voiture après avoir découvert que le vendeur a menti sur la carte grise, sur le kilométrage, sur le moteur, sur les sièges, sur les pneus, sur le tableau de bord, sur la durée de mise en service, sur les pare-brises et sur les portières et sur tous les autres éléments constitutifs ?
Il a gardé le silence pendant environ une minute et m’a dit :
« votre réponse m’a aidé à comprendre pourquoi le Premier Ministre Ousmane SONKO a déclaré au Peuple Sénégalais et aux partenaires du pays que le Sénégal qu’ils ont hérité ne se trouvait pas au rez-de-chaussée comme ils en étaient convaincus mais plutôt au 4 ème sous-sol ».
J’ai rétorqué :
« non, il a tenu à amoindrir les effets psychologiques sur nos compatriotes puisqu’en vérité, c’est même en dessous du 10 ème sous-sol mais certains citoyens ne peuvent pas comprendre cette situation catastrophique car ils ont vu un TER, un BRT, des kilomètres d’autoroute, énormément de milliards distribués par des politiciens, des chantiers de constructions d’immeubles, beaucoup de travaux publics et des recrutements de militants dans les services de l’Administration par leurs leaders politiques. »
Voilà le saupoudrage auquel beaucoup de nos compatriotes étaient habitués mais cette Nation a été tellement bousillée que je me demande comment nos autorités parviennent à payer correctement les salaires des Agents de l’État, les bourses des étudiants, la dette dont une bonne part a été cachée et détournée, et à assurer le fonctionnement des institutions.
Comment un État sérieux, qui a une vision de souveraineté, de justice et de prospérité, peut-il se permettre de démarrer ses grands projets et programmes dans la première année d’un mandat avant même de finir d’ajuster, de corriger, de restructurer et de redéfinir les politiques publiques sectorielles ?
Avant de baptiser son enfant, il faut au moins s’occuper de sa mère qui a accouché.
Avant de porter de beaux vêtements, il faut bien se laver et essuyer son corps.
Avant de remporter une coupe du monde, il faut d’abord se qualifier à la compétition.
Le Sénégal est entre de merveilleuses mains mais il faut avoir un esprit éclairé et un cœur purifié pour pouvoir le savoir, l’accepter, le reconnaître et avoir l’honnêteté de l’exprimer.