L’affaire des supporters sénégalais condamnés au Maroc après les incidents survenus lors de la finale de la dernière Coupe d’Afrique des Nations connaît un nouveau développement. Une décision récente vient relancer entièrement la procédure judiciaire.
Le parquet marocain conteste le jugement
Au total, dix-huit ressortissants sénégalais sont concernés par ce dossier. Ils avaient été reconnus coupables par un tribunal de Rabat pour leur implication présumée dans des troubles liés à la finale de la CAN.
Le 19 février dernier, la justice marocaine avait prononcé des peines de prison ferme allant d’un à trois ans contre ces supporters.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Le ministère public marocain, ainsi que la partie civile, ont décidé de contester ce jugement en introduisant un appel. Cette démarche rouvre donc le dossier devant une juridiction supérieure.
La stratégie de la défense remise en cause
De leur côté, les avocats des supporters sénégalais avaient fait un choix différent. Ils avaient décidé de ne pas interjeter appel après la décision du tribunal.
Leur stratégie reposait plutôt sur la possibilité de solliciter une grâce royale. Une procédure parfois utilisée dans certaines situations judiciaires au Maroc.
Cependant, cette option devient pour l’instant impossible. En effet, tant que la procédure judiciaire n’est pas totalement terminée, une demande de grâce ne peut pas être examinée.
L’avocat évoque un scénario envisagé
Selon Me Patrick Kabou, l’un des conseils des supporters sénégalais, cette évolution avait été envisagée.
Dans une déclaration, l’avocat explique avoir volontairement attiré l’attention sur la sévérité des peines prononcées lors du premier jugement. L’objectif était, selon lui, de sensibiliser l’opinion et d’éviter que le parquet marocain ne décide de durcir davantage sa position.
Malgré cette démarche, le ministère public a finalement choisi de faire appel, ce qui relance désormais toute la procédure judiciaire dans ce dossier sensible impliquant des citoyens sénégalais détenus au Maroc.