Les récentes manifestations à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar continuent de faire réagir les autorités. Face aux violences enregistrées sur le campus, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique est sorti de son silence. Il a condamné les excès et annoncé des mesures fermes.
Bamba Cissé met en garde contre toute violence
Dans une déclaration empreinte de fermeté, Me Bamba Cissé a rejeté toute forme de débordement, qu’il provienne des étudiants ou des forces de défense et de sécurité. Selon lui, la violence ne peut en aucun cas être une solution aux tensions en milieu universitaire.
Le ministre a insisté sur un point précis : les forces de l’ordre doivent agir avec mesure. Il a rappelé que l’usage de la force doit rester strictement encadré, proportionné et nécessaire au rétablissement du calme.
Il a également été clair sur les responsabilités. Si des fautes sont établies contre des agents déployés sur le terrain, des sanctions disciplinaires ou judiciaires seront prises. Pour lui, l’État ne peut accepter aucun abus dans les opérations de maintien de l’ordre.
Des armes découvertes dans des chambres universitaires
Au-delà des affrontements, le ministre a évoqué des découvertes jugées préoccupantes. Des fouilles menées dans certaines chambres du campus ont permis de mettre la main sur des armes blanches ainsi que du matériel assimilé à des engins explosifs artisanaux.
Ces éléments, selon lui, montrent une situation sécuritaire inquiétante à l’intérieur même de l’espace universitaire. Des procédures judiciaires sont déjà en cours à ce sujet.
Concernant les franchises universitaires, souvent évoquées dans ce type de crise, Me Bamba Cissé a rappelé la position du gouvernement. D’après lui, la loi de 1994 ne couvre pas les campus sociaux. L’État reste donc responsable de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, y compris dans ces espaces.
Une réforme annoncée du maintien de l’ordre
Pour éviter de nouveaux incidents, le gouvernement prévoit des changements. Il est question de revoir les protocoles d’intervention afin qu’ils soient mieux adaptés au contexte universitaire.
Un dialogue renforcé entre les autorités académiques, les représentants des étudiants et les forces de sécurité est également envisagé. L’objectif est de prévenir les tensions avant qu’elles ne dégénèrent.
Par ailleurs, le ministère travaille sur une nouvelle doctrine de maintien de l’ordre. Celle-ci devra limiter autant que possible l’usage de la force et privilégier des méthodes plus adaptées aux réalités du campus.
Le ministre a rappelé que l’université doit rester un espace dédié au savoir et à la réussite. La majorité des étudiants, a-t-il souligné, vient à l’UCAD pour étudier et construire son avenir. À ses yeux, ces jeunes doivent évoluer dans un cadre sécurisé et apaisé.