Accueil » Décès d’Adja Dial Mbaye : la musique sénégalaise perd une voix légendaire

Décès d’Adja Dial Mbaye : la musique sénégalaise perd une voix légendaire

Par Sophie
Dial Mbaye décédée

Le Sénégal est en deuil. La célèbre chanteuse et cantatrice Adja Dial Mbaye s’est éteinte hier, à l’âge de 76 ans, laissant derrière elle un vide immense dans le monde de la musique et dans le cœur de ses proches. Figure emblématique de la culture sénégalaise, sa disparition marque la fin d’une époque.

C’est le portail d’informations Asfiyahi, spécialisé dans l’Islam et la Tidjaniyya, qui a annoncé la triste nouvelle, mardi 14 octobre en début de soirée. L’annonce du décès d’Adja Dial Mbaye a provoqué une vive émotion dans le pays, notamment chez ses consœurs et amis artistes.

Parmi eux, la chanteuse Soda Mama Fall a d’abord cru à une mauvaise blague. « Nous sommes en quel mois ? », a-t-elle demandé, pensant à un poisson d’avril. Mais très vite, la réalité s’impose à elle. Sa voix tremble, puis se brise : « Vous êtes sûre de ce que vous me dites ? Adja Dial Mbaye est vraiment partie ? »

Encore sous le choc, Soda Mama Fall évoque leurs derniers échanges. « Elle m’avait vue avec un chapelet au poignet. Elle m’a demandé de le lui offrir, et j’avais promis de le faire », se souvient-elle. Profondément pieuse, Adja Dial Mbaye accomplissait le Lazim matin et soir, trouvant toujours un moment pour la prière, même lors des cérémonies et événements.

Artiste complète — à la fois chanteuse, cantatrice et actrice du paysage culturel — elle s’était distinguée par son engagement en faveur des initiatives spirituelles et culturelles. Fidèle disciple de la confrérie tidiane, elle entretenait un lien particulier avec Tivaouane et la tradition de Cheikh El Hadj Malick Sy.

« Elle était d’une bonté exceptionnelle, raconte encore Soda Mama Fall. Dévouée à sa famille, elle savait apprécier chacun à sa juste valeur. Nous étions proches à travers nos familles et nous nous rendions souvent visite. »

À la maison mortuaire, l’émotion était à son comble. Sa nièce et amie, Kiné Lam, n’a pu retenir ses larmes. « Elle était une bonne personne, généreuse, pieuse, pacifique. Depuis que nous avons perdu nos mères, c’est elle qui veillait sur nous. J’ai perdu une seconde mère », a-t-elle confié, la voix éteinte. Elle ajoute : « Je l’ai vue avant-hier chez elle, elle était alitée. »

Adja Dial Mbaye, fervente disciple de Serigne Babacar Sy, s’est éteinte paisiblement à son domicile. Avec elle disparaît une grande dame de la musique sénégalaise, dont la voix et la foi continueront de résonner longtemps dans les mémoires.

Vous pourriez aussi aimer

Laisser un commentaire