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Affaire de la dette cachée : le Sénégal joue une carte décisive

Par Sophie
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Ce vendredi marque une étape importante pour le Sénégal. Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) examine la situation du pays, secoué par l’affaire de la « dette cachée ». Les autorités sénégalaises attendent avec attention la décision de l’institution financière, consciente des précédents vécus par d’autres pays confrontés à des cas similaires.

En 2002, le FMI avait sanctionné le Tadjikistan après avoir découvert que les informations transmises sur les arriérés extérieurs étaient inexactes. Le pays avait alors été sommé de rembourser par anticipation 31,6 millions de dollars reçus au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté, avec les intérêts correspondants.

Quelques années plus tard, en 2013, le Mozambique s’est retrouvé au centre d’un scandale d’emprunts extérieurs non déclarés, estimés à 1,37 milliard de dollars. En conséquence, le FMI a suspendu les financements au pays pendant six ans, à l’exception des prêts d’urgence, notamment durant la pandémie de Covid-19. Cette suspension a provoqué une grave crise économique et l’effondrement de la monnaie locale. Des procès ont suivi, et plusieurs responsables, dont le fils de l’ancien président Armando Guebuza, ont été condamnés. Ce n’est qu’en mai 2022 que le FMI a de nouveau accordé un crédit élargi de 456 millions de dollars au Mozambique, qui reste aujourd’hui encore fortement endetté.

En 2021, le Malawi a également été épinglé par le FMI pour avoir falsifié ses données de réserves internationales afin d’obtenir un prêt. Si le Conseil d’administration a finalement accordé des dérogations au pays, les responsables politiques impliqués, dont l’ancien ministre des Finances Joseph Mwanamveka et l’ex-gouverneur de la Banque centrale Dalitso Kabambe, ont été arrêtés. Le FMI avait alors suspendu la facilité de crédit élargi dont bénéficiait le pays.

Concernant le Sénégal, des mesures correctives ont déjà été mises en place à la suite de la dernière mission du FMI. Une délégation technique avait notamment travaillé avec la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor en septembre dernier. « La mission a discuté avec les autorités des mesures à prendre pour remédier à ce problème. Ce point était important avant l’examen par notre Conseil d’administration », rappelait en août Julie Kozack, responsable de la communication du FMI.

La décision finale du Conseil d’administration est donc très attendue. Elle déterminera si les efforts consentis par les autorités sénégalaises suffiront à rassurer l’institution ou si le pays devra faire face à des mesures plus contraignantes.

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